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250216-Stephane Boyer
Transcrit par TurboScribe.ai.
Ces textes d'aujourd'hui avec la formulation heureux - malheureux, on pourrait se dire, ça c'est des injonctions, c'est quelque chose de difficile, c'est des exigences et ça pourrait un peu nous faire peur. Or, Jésus il nous invite juste en fait à nous demander où est-ce que nous voulons nous situer ? Est-ce que nous préférons nous situer, comme le disait la première lecture, dans une terre aride ou est-ce que nous voulons nous situer comme un arbre à côté du ruisseau ? Comme chrétien, comme chrétienne, quand nous venons à l'Eucharistie, quand nous prions, quand nous partageons l'Évangile, quand nous pensons aussi et nous servons nos frères, eh bien nous essayons de nous approcher du ruisseau pour que notre vie soit irriguée de la présence de Dieu.
Si nous n'avions rien à faire des autres, si nous n'avions rien à faire de Dieu, nous serions comme si nous allions nous planter dans une terre aride, une terre de désolation. Et ce qui est important c'est le mouvement de votre cœur, le mouvement de votre esprit. Nous désirons, alors chacun avec la force que nous avons le mieux possible, nous désirons nous approcher de la source du ruisseau pour que notre vie soit irriguée du bonheur de Dieu, de la joie de Dieu.
Vendredi dernier, il y a deux jours, je partageais avec une équipe et on parlait, vous savez, de personnes qui ont la capacité d'arrêter le feu quand on s'est brûlé, de gens qui remettent de l'énergie dans le corps, etc. Et parmi l'équipe il y a un médecin. Et donc le médecin il dit, moi je crois en la médecine médicamenteuse, celle d'aujourd'hui.
Il n'a pas dit traditionnelle, mais voilà. Et je lui ai dit, pourquoi tu dis je crois ? Parce qu'on croit en ce qu'on ne voit pas. Or, si tel médicament vient soigner la tension, si tel médicament vient soigner telle ou telle maladie, ce n'est pas je crois, c'est objectif, c'est scientifique. Quand on est dans la science, on est dans la démonstration. Il n'y a pas besoin de la foi. Et je lui dis, tu vois, tu dis quand même je crois.
Est-ce qu'il n'y a pas, il y a le corps, mais est-ce qu'il n'y a pas aussi pour soigner l'homme, pour soigner l'être humain, quelque chose qui est plus, qui est plus que la médecine ? C'est-à-dire, et ça on le sait maintenant, on a parlé un petit peu avec les personnes après, mais quand les personnes sont atteintes d'un cancer, on sait que bien sûr les médicaments, bien sûr l'alimentation, mais aussi tout ce qui va permettre de favoriser la relation, la prose en compte de la personne, l'égo de la personne, le moral de la personne, tout ça va venir redynamiser son corps et va venir contribuer au soin. Donc il y a ce qui est visible et ce qui est invisible. Et l'évangile de ce jour, en fait, nous invite un petit peu à nous poser la question, est-ce que notre vie elle se limite à ce qui est sûr, ce qui est scientifique, ce qui est matériel, ou est-ce qu'on veut tourner aussi notre vie vers une dimension spirituelle ? C'est un peu ça l'opposition des heureux et malheureux.
Heureux, ceux qui ont déjà tout sur cette terre. Il n'y a plus de place dans leur cœur pour autre chose, il n'y a plus ceux qui sont repus, ceux qui sont remplis d'eux-mêmes ou remplis de nourriture au sens concret, voilà. On n'a plus le temps de penser aux autres, on n'a plus le temps de sourire aux autres.
Et donc l'évangile de ce jour, c'est comme ça que je le comprends, mais on pourrait bien sûr en échanger. Mais je pense que l'évangile de ce jour, il nous dit, si vous êtes riche, comment vous pouvez voir pour partager encore ? Si vous êtes plein de nourriture, comment vous pouvez ouvrir votre table ? Mais ce n'est pas seulement la table de la maison, c'est comment vous pouvez ouvrir votre présence, votre cœur à ceux qui sont autour de vous ? Si vous riez, si vous êtes dans la joie, comment vous pouvez aussi entendre le cri de ceux qui pleurent, le cri de ceux qui sont dans la désolation ? Si on vous flatte, si on vous dit que vous êtes merveilleux, comment vous pouvez réfléchir pour essayer de progresser encore dans votre vie et ne pas vous arrêter à ce que l'on dit de vous, même si ce sont des belles choses ? Je crois que le risque, il nous appelle à ne pas nous installer, ça c'est quelque chose qui est important pour moi, mais à rester dans le mouvement, ne pas s'appesantir avec le poids des années, à rester dans le mouvement, rester dans le désir toujours que sa vie soit ouverte à Dieu et ouverte aux autres.
Le carême qui s'approche sera un moment aussi pour réveiller nos cœurs. Vous savez, chaque année, le temps du carême est là pour, à travers le jeûne, il y a la privation, après c'est à chacun de voir de quoi il peut se priver, mais à travers un effort pour supprimer quelque chose dans notre vie, réveiller notre cœur, rester en mouvement, rester attaché à l'amour de Dieu et à l'amour de nos frères. Nous redynamiser, nous réveiller simplement, parce que la source du bonheur, c'est d'être dans la présence de Dieu, c'est d'être vivant, c'est de ne pas être comme des morts, c'est-à-dire des gens qui seraient assoupis et dont la vie serait déjà achevée. C'est rester vivant, rester en mouvement, jour après jour, avec le Christ qui recherche le bonheur de tous et de toutes.
Voilà ce que je voulais dire sur l'Évangile de ce jour.
Et je voulais revenir un petit peu aussi sur le texte de saint Paul. Je vous ai dit que c'est un texte fondateur. Je vous invite vraiment à lire un jour le chapitre 15 de la première lettre de Corinthiens. C'est vraiment la question du départ. Est-ce que le Christ est vraiment ressuscité ? Et si le Christ n'est pas ressuscité, qu'en est-il ?
Et vous avez entendu dans le texte qui vous a été partagé, il est dit que le Christ est ressuscité d'entre les morts. Lui, premier ressuscité parmi ceux qui sont endormis.
Souvent, quand on parle de Christ, on parle de la nouveauté de Christ à Noël. Dieu s'est fait homme. On parle beaucoup de cette nouveauté, mais on ne parle pas beaucoup que Jésus est le premier ressuscité d'entre les morts. Dans toutes les religions, il y a l'espérance de la résurrection, sous des modalités différentes. Mais dans toutes les religions, et avant même Jésus-Christ, il y a cette espérance dans le cœur des hommes, on dirait en philosophie, de l'immortalité, et dans le langage de la foi, on dira de la résurrection.
Mais pour nous les chrétiens, ce qui est important, ce n'est pas une espérance dans la résurrection comme une idée, c'est que des hommes et des femmes, du temps de Jésus, l'ont vu ressuscité. Pendant 42 jours, ils ont expérimenté la présence du ressuscité. Et en ce sens, notre foi chrétienne apporte une nouveauté, car notre foi en la résurrection, ce n'est pas la foi dans une idée, c'est la foi dans la personne de Jésus, qui est ressuscité d'entre les morts.
Et que les premiers apôtres, les premières femmes, les premiers hommes qui étaient avec lui, l’ont vu ressuscité. Donc, est-ce que l'on croit en la résurrection de Jésus, ou est-ce qu'on croit uniquement en l'idée d'une résurrection, d'une immortalité ? Vous voyez ce que je veux dire un petit peu ? J'essaie, dans toutes les religions, on croit qu'il y a la vie éternelle, qu'il y a une immortalité, que l'homme se continue après. Mais pour nous les chrétiens, notre foi, c'est Jésus est le premier ressuscité.
Et je passe mon espérance, je passe ma vie, j'agis dans ma vie, à partir, non pas de la promesse d'une résurrection, mais à partir du fait que le Christ est le premier ressuscité, et qu'étant le premier, il nous entraîne dans sa résurrection. Alors toute ma vie doit être une action d'espérance, une action pour construire l'espérance dans la vie de ceux et de celles que je rencontre. Si on est habité de cette douce certitude, c'est Frère Roger de Taizé qui disait que l'espérance, la résurrection, c'est tout le contraire d'une conviction.
Une conviction c'est, voilà, je crois à tel truc très fort. Frère Roger disait c'est une douce certitude. C'est-à-dire que c'est quelque chose qui vient dans le cœur, qui se vit dans notre cœur.
Oui, avec l'expérience de ma vie, je crois Jésus que tu es le premier ressuscité. Et j'ai envie d'appuyer ma vie sur cette espérance que tu es venu inaugurer. Tu es le premier ressuscité et tu vas nous entraîner dans ta résurrection.
Je vais insister un peu sur ce point parce qu'il me semble important, on peut en échanger, on peut en débattre, dans nos rencontres. Comment on croit à la résurrection ? Est-ce qu'on croit à l'idée de la résurrection ? Ou est-ce qu'on croit que Jésus est celui qui est venu ouvrir la porte de la résurrection ? C'est le premier qui a fait le passage, le premier qui est ressuscité par son Père et qui est la promesse de chacun de chacune d’entre nous. Et tous les hommes, tous ceux qu'on aime et tous ceux qu'on n'aime pas ausis, seront un jour vivants en Christ.
Voilà ce que je veux partager avec vous. Échange, débattre, à l'occasion, n'hésitez pas.
Transcrit par TurboScribe.ai.
